Permettre à la vie de tenir tête à la mort. Premier but. Atteint.
Mais le deuxième but est de durer .Et ce but-là selon moi est encore négligé.
Une fois qu’on a bien mis sa maison à l’abri des dangers qui en rendaient l’occupation précaire, on peut prendre un bail. Ou le prolonger. De 3 on passe à 6, de 6 on monte à 9.
Et au fond, voyez-vous, ma fameuse hypothèse, c'est là qu’elle gîte.

Qu’observons-nous ? Si l'homme n'a guère changé depuis la préhistoire, sa durée par contre a considérablement augmenté et n'a pas cessé de le faire.
Sans parler des temps reculés où les premiers hommes ne vivaient pas plus de vingt-cinq ans, la moyenne de la vie humaine, il y a trois siècles à peine, ne dépassait pas trente ans. Voilà qu'en un seul siècle elle est passée de quarante à soixante-dix ans.

Sous l'effet de meilleures conditions d'existence, soit. Mais rien ne prouve que ce bond spectaculaire n'est pas le début d'une mutation, qui va s'étendre sur plusieurs siècles, entendons-nous bien, mais qui aboutirait à l'apparition d'une nouvelle glande, que j'ai modestement appelée , moi, un " ralentisseur "
Pourquoi ralentisseur ?

Parce que tout dans la longévité est dans le rythme du métabolisme.
Regardez dans l’hibernation, le cur de l'hiberné tombe à quelques battements, le sujet ne vieillit pratiquement plus. Si vous voulez une image, le ralentisseur serait le gicleur au ralenti d'un carburateur d'auto, qui ne brûle qu'u
ne très faible quantité de carburant, alors que le pied écrasant l'accélérateur en engloutit un flot.

On me dit que je brode et extrapole sur le vieil axiome : la fonction crée l’organe. Oui. Mais j’ajoute : la tendance crée la fonction.

Que cette tendance soit née de la nécessité de s’adapter au milieu, peu m'importe. Elle est née, elle existe, elle s’affirme, elle est désir ou volonté, comme vous voudrez. Et depuis que l'homme est " apparu " sur cette terre, son désir majeur est de la quitter le plus tard possible.