La glande du professeur Garel, a-t-on raillé, c’est la glande du docteur Faust !

Vous êtes invité ce soir, monsieur le professeur, par notre tribune “ La Science, demain ”, à vous expliquer sur cette glande de Faust, en voulant bien vous mettre à la portée d’un public qui n’est pas toujours familiarisé avec les mots savants de la biologie.

Ma réponse fut:
- Il n’y a pas plus de glande du professeur Garel que du docteur Faust. Je n’ai fait aucune découverte, je tiens à le préciser bien haut.


Que le public ne me prenne pas pour un thaumaturge ou pour Méphistophélès lui-même. J’ai simplement émis ce qu’on appelle entre savants une hypothèse d’école. Ce n’est pas parce que les imaginations généreuses transgressent les idées du savant que le savant, lui, doit rester sans imagination. L’imagination est l’étincelle qui précède toute découverte.


Je voudrais tout d’abord rappeler aux téléspectateurs que l’homme n’a guère beaucoup changé dans ses structures depuis ce qu’il est convenu d’appeler son “apparition ”sur terre.
Apparition, soit dit en passant, qu’on fait remonter toujours plus haut dans le temps.
Si, morphologiquement, donc, l’homme n’a que très peu varié, anatomiquement, aucun changement. Dès le Néandertalien , sa constitution était accomplie.


Mais malgré ce mot commode et sommaire d’ “apparition ”, n’en soyons pas dupes. Dans la création, rien n’apparaît. Tout aboutit.
Et l’homme n’est pas apparu, dans son intégralité actuelle, sur un coup de baguette magique.