- Inutile.
J'ai un deuxième cliché. Celui-ci a été spécialement
tiré à votre intention. N'ayez aucune crainte, ce sont les deux
seuls.
- Je ne comprends pas très bien. Je ne vois pas en quoi il peut m'intéresser
de conserver ce cliché.
- Vous n'allez pas me dire, professeur, qu'après examen ce cliché
vous a laissé indifférent, et que vous n'y avez rien remarqué
de particulier ?
- Ecoutez, monsieur, n'étant ni radiologue ni praticien je ne suis
nullement qualifié pour interpréter les radiographies. Ensuite,
dites-vous que mon interview à la télévision, par son
retentissement, m'a valu nombre de manifestations comme la vôtre. Vous
n'êtes donc pas le premier à vous croire concerné. Car
je présume que votre démarche est liée à cette
émission ?
- Si elle l'est ! Etroitement, professeur. Et je serais fort étonné,
que d'autres personnes le soient comme moi
Je durcis le ton.
- Chacun est convaincu qu'il est le seul cas intéressant. Croyez-moi,
monsieur. Reprenez votre radiographie. Vous l'avez dit, mon temps est précieux,
excusez-moi, je ne puis vous en accorder davantage.
- Avant, une question : pour savoir que mon numéro de téléphone
était faux, il avait bien fallu que vous le fassiez ?
- J'avais dit en effet à mon assistant de vous appeler pour savoir
à quelle adresse retourner cette radiographie.
- Quelle prévenance ! Je vous en sais gré. Donc, après
examen de cette radio, professeur, vous ne voyez rien d'autre à me
dire que : « Remportez-la »
- N'en soyez pas vexé : non, rien d'autre.
- N'en soyez pas vexé non plus : c'est faux.