LETTRE DU PROFESSEUR JULIEN GAREL

A MONSIEUR LE SECRETAIRE PERPETUEL DE L ’ACADEMIE DES SCIENCES.

J'ai l’honneur de faire entre vos mains un dépôt sous scellés de documents, de cassettes, et d’un rapport écrit de ma main y ayant trait. Le tout devant demeurer secret dans un premier temps, et peut-être pour une durée assez longue, il convient de conserver ce dépôt dans le coffre-fort des Archives de l’Académie, à l’abri du feu et d’éventuelles déprédations. Les faits qui sont relatés dans mon rapport sont d’une importance incalculable, et, je l’affirme, sans précédent dans les annales de la biologie.

Ce n’est qu’à une échéance indéterminée, sans doute encore lointaine, que le secret pourra être levé. A la suite d’un événement qui devra se produire. Quel événement ? Je ne puis le dire, car il est lié au secret. Quant à la date, je ne puis l’indiquer, même approximativement. Pour la bonne raison que la date, elle, je l’ignore. Mais cet événement se produira inéluctablement.

C’est d’ailleurs par une communication qui lui en sera faite à elle directement, exclusivement, et non à moi qui aurai peut-être disparu, que l'Académie l’apprendra.
Ce sera alors à mes confrères, ou à leurs successeurs, après avoir brisé les scellés de mon dépôt, et mesuré la gravité des révélations qui y sont contenues, de prendre les initiatives qu’elles dicteront comme de fixer les limites de leur divulgation.
Je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire, à mes sentiments confraternels et dévoués.

Julien GAREL