Carrière au cinéma
Venu au cinéma pour compléter les maigres revenus qu'il
gagne sur les planches, le jeune comédien débute en 1922
dans Le petit Chose d'André Hugon et enchaîne quelques
petits rôles sans relief. En 1928, il interprète avec brio
un demi-fou dans le film expressionniste La chute de la maison Usher
de Jean Epstein. Sa diction parfaite et son expérience du théâtre
lui permettent de passer avec succès l'épreuve du cinéma
parlant. Il est tour à tour traître, mesquin ou lâche
dans Le prince Jean (1934) de Jean de Marguenat, dans Koenigsmark (1935)
de Maurice Tourneur, dans Les loups entre eux (1936) de Léon
Mathot, ou dans Un grand amour de Beethoven (id.) d'Abel Gance. Celui
qui semblait condamné à ne jouer que des personnages de
méchants reçoit des rôles plus étoffés
à partir des années 1940. Claude Autant-Lara le transforme
en Napoléon III dans Lettres d'amour (1942), en vieil aristocrate
unijambiste dans Douce (1943) et en père faible, borné,
mais bon de François Jaubert dans Le diable au corps (1946).
Le talentueux comédien interprète avec nuance et délicatesse
ses compositions. Il donne une touche particulière au professeur
de piano du Ciel est à vous (1943) de Jean Grémillon,
au grand bourgeois ballotté par les événements
de Marie-Martine (id.) d'Albert Valentin.
Un rôle émouvant dans PRELLUDE
A LA GLOIRE (1949 )
Il émeut dans Justice est faite
(1950) d'André Cayatte, où il est un juré de cour
d'assises qui s'émerveille et s'effraie à la fois de son
amour naissant pour Valentine Tessier. Il étonne dans La poison
en avocat qui répond du tac au tac à son client, Michel
Simon.
Jean Debucourt joue dans soixante-dix films entre 1945 et 1957 ; on
lui reproche de s'être commis dans plusieurs rôles inintéressants.
Il faut pourtant remarquer sa polyvalence. Il campe ainsi souvent les
fonctionnaires de police, comme dans Maigret tend un piège (1958)
de Jean Delannoy, où il est directeur de la PJ, mais peut aussi
bien incarner un évêque (Le carrosse d'or, 1953, de Jean
Renoir) ou un joaillier, instrument de la fatalité dans Madame
de... (id.) de Max Ophüls. En plus de ces prestations à
l'écran, cet artiste prolixe prête sa voix dans de nombreux
films. Il est notamment le Très-Haut qui dialogue avec Fernandel
dans toute la série des Don Camillo de Julien Duvivier.
Autres activités
Sociétaire de la Comédie-Française depuis 1937,
Jean Debucourt interprète sur les planches tout le répertoire
classique jusqu'en 1947.
Il dirige ensuite les spectacles classiques de la salle du Luxembourg
(ex-Odéon) rattachés à la Comédie-Française
et en met certains en scène.