ORSON WELLES

1915-1985

Formation
La légende fait d'Orson Welles un enfant surdoué, qui questionne ses parents dès l'âge de dix huit mois sur le sens de la vie. A sept ans, il joue Shakespeare pour ses parents qu'il perd très jeune. Il lui reste la fortune de son père pour partir en Europe et découvrir la tauromachie en Espagne, la prestidigitation en France et le théâtre en Irlande. De retour aux Etats-Unis en 1934, il se lance dans le théâtre, obtenant de nombreux succès tant comme acteur que comme metteur en scène. Il n'a alors que dix neuf ans et fonde, avec John Houseman, Agnes Moorehead et Joseph Cotten, une troupe de théâtre, le Mercury Theatre. Au même moment, il publie quelques nouvelles et débute sur une station de radio new-yorkaise. Il y est animateur, journaliste, éditorialiste.

Carrière au cinéma
Orson Welles, l'américain qui mit Hollywood sens dessus dessous, un des inventeurs du cinéma moderne, le prodige multiple et exubérant n'a réalisé que quinze films. Allergique à son incompressible liberté et à son indomptable personnalité, les plus grands studios d'Hollywood lui fermeront en effet leurs portes et l'empêcheront de filmer. Tout avait pourtant bien commencé. Le Welles âgé de 25 ans se voit proposer le contrat du siècle par la RKO. Il dispose des meilleurs moyens techniques, peut jouer, interpréter, réaliser et monter lui-même ses films. Le rêve est cependant de courte durée. Le temps de tourner Citizen Kane (1941) et le jeune cinéaste se voit notifier des réprobations qui s'amplifient les années suivantes. Orson Welles a osé s'attaquer à Randolph Hearst, magnat intouchable de la presse américaine. Le public est tiède ; la critique est enthousiaste. Quant à la profession, elle ne lui pardonne pas cet excès de franchise à peine voilée derrière le personnage de Charles Foster Kane, propriétaire de journaux avare et mégalomane. Le film est aujourd'hui considéré comme "le plus grand film du siècle" par beaucoup de cinéphiles. Au delà de son sujet sulfureux, ce film jette les bases d'un nouvel art cinématographique, fondé sur la subjectivité de la caméra (elle est l'enquêteur présent, mais que l'on ne voit jamais tout au long du film), sur un nouveau mode de narration (elle brise la progression chronologique traditionnelle), sur le rythme de l'enchaînement des plans-séquences (Welles capte sans cesse l'attention du spectateur par une succession de séquences lentes, puis extrêmement rapides), sur la profondeur de champs (il y a toujours quelque chose à voir en arrière plan), sur la primauté du montage. Le deuxième film d'Orson Welles souffre de l'aversion des producteurs. Amputé de plus d'une heure au montage, La splendeur des Ambersons (1942) trahit le propos du cinéaste et devient un mélo sans relief. Le contrat du jeune prodige est dénoncé. Welles disparaît totalement des studios en tant qu'auteur pendant quatre ans, mais se voit confier plusieurs emplois de comédien. Il trouve tout de même les crédits suffisants pour tourner La dame de Shangaï (1948), grâce à la présence au générique de Rita Hayworth. Le film est à nouveau fustigé par la production (Columbia) qui se plaint du traitement réservé à la star, la faisant tuer dans un dédale de miroirs. Dès lors, Welles n'obtient plus rien des producteurs. A de nombreuses reprises, il continue de "faire l'acteur" dans d'autres films que les siens afin de financer ses tournages. Viennent Macbeth(1948), Othello (1952), puis un policier dans la lignée de Citizen Kane, Mr Arkadin. Après La soif du mal (1958), La Fayette de Jean Dréville(1961), et le Procès (1962), Welles revient à son auteur favori en empruntant le personnage de Falstaff (1966) à Shakespeare.

Autres activités
Véritable homme orchestre, Welles sait tout faire. Privé de cinéma à plusieurs reprises, il est constamment présent sur le petit écran à partir de 1953. Il lègue une douzaine de fictions et de documentaires de grande valeur. Il est également engagé par les grandes chaînes américaines pour être commentateur ou voix off dans une trentaine de réalisations.
Orson Welles est passionné par le théâtre, tout particulièrement par l'oeuvre de Shakespeare. Il s'y consacre presque exclusivement jusqu'à sa vingt cinquième année. Il est le premier, en 1936, à monter Macbeth avec des comédiens Noirs.
A partir de 1938, Welles anime des émissions de radio et réalise de nombreuses fictions policières. S'il ne fallait en retenir qu'une seule, il faudrait se replonger dans l'incroyable mystification qu'il réussit en adaptant La guerre des mondes d'H.G. Welles. La nuit du 30 octobre 1938, il déclenche une véritable panique à travers tout le pays, faisant croire à l'invasion réelle des Martiens.

Prix
National Board of Review Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - 1985
Directors Guild of America (Los Angeles) Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - 1984
Los Angeles Film Critics Association Awards Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - 1978
American Film Institute Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - 1975
Academy of Motion Picture Arts and Sciences Oscar d'honneur pour l'ensemble de la carrière - 1971
Mostra Internationale d'Art Cinématographique (Venise) Lion d'or pour l'ensemble de la carrière - 1970
Festival International du Film (Cannes) Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - 1966
Festival International du Film (Cannes) Prix d'interprétation masculine (Compulsion) - 1959
Academy of Motion Picture Arts and Sciences Meilleur scénario (Citizen Kane) - 1942


AUTRES ACTEURS