MARGUERITE MORENO


Formation
Premier prix de tragédie au Conservatoire en 1890, Marguerite Moreno entre à la Comédie-Française. Elle débute discrètement au cinéma muet, notamment dans Vingt ans après (1922) d'Henri Diamant-Berger et dans Le Capitaine Fracasse (1929) d'Alberto Cavalcanti, où elle interprète une dame Léonarde hautaine et bougonne. Avec l'avènement du parlant, elle est embauchée à la Paramount, dans les studios de Joinville, au début des années 1930.

Carrière au cinéma
La voix rauque, la diction parfaite et le profil égyptien de Marguerite Moreno assurent sa popularité. Les années 1930 et 1940 marquent sa carrière et l'actrice s'illustre dans des registres très différents. En 1933, elle incarne une terrible mère Thénardier dans Les Misérables de Raymond Bernard. Mégère dans Train de vie (1935) de Léo Joannon, elle se transforme en déesse perdue dans le carton-pâte dans Les dieux s'amusent (1935) de Reinhold Schünzel et Albert Valentin ou en douanière dont l'autorité tourne à vide dans Tout va très bien, Madame la Marquise (1936) d'Henri Wulschleger. Sacha Guitry joue de sa diction parfaite en lui écrivant des dialogues qui font mouche et en lui faisant prendre divers accents : il lui offre la seule scène dialoguée du Roman d'un tricheur (1936), l'affuble de l'accent anglais dans Le mot de Cambronne (1937) et de l'accent espagnol dans Ils étaient neuf célibataires (1939). Elle est la folle qui connaît le secret des cartes dans La dame de pique (1937) de Fedor Ozep. La même année, elle incarne Mamèche, l'apparition noire et fantomatique qui hante la garrigue de Regain (1937) de Marcel Pagnol. On la retrouve dans Jeunes Filles en détresse (1939) de Pabst. De ses derniers films émergent des interprétations touchantes. Marguerite Moreno pousse la grand-mère de Douce (1943) de Claude Autant-Lara au premier plan. Elle incarne avec force cette vieille dame remplie de préjugés, en admiration devant sa petite-fille, mais qui vacille à peine à l'annonce de sa mort. Dans le registre satirique du Revenant (1946) de Christian-Jaque, elle excelle en tante Jeanne qui compte les points et cache ses sous. Un an avant sa retraite cinématographique, elle interprète pour Jean-Paul Sartre une sorte de Saint-Pierre féminin, qui accueille les morts dans l'au-delà (Les jeux sont faits, 1947, de Jean Delannoy).

Autres activités
Marguerite Moreno débute au théâtre et mène une carrière sur les planches, dont l'apogée est marquée par sa fabuleuse interprétation de La Folle de Chaillot, où elle parvient à combiner autorité, précision, humour et émotion.
Amie de Paul Verlaine, de Stéphane Mallarmé et de Jules Renard, elle est surnommée " la muse du symbolisme ". Elle récite leurs vers sur scène et participe à des revues symbolistes.
En 1948, elle fait paraître ses Mémoires, Souvenirs d'une vie.






AUTRES ACTEURS