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1897-1993
Formation
Après la Première Guerre mondiale, Fernand Ledoux s'installe
en 1919 à Paris et suit les cours de Raphaël Duflos au Conservatoire
national d'art dramatique. A sa sortie, en 1921, il débute une carrière
théâtrale à la Comédie Française, dans
des seconds rôles où il est souvent réduit à
une seule réplique.
Carrière au cinéma
Fernand Ledoux, homme de théâtre avant tout, devient populaire
grâce au cinéma. Sa carrière d'acteur est partagée
entre des personnages de brave homme spolié et de méchant
hypocrite. Jacques Feyder, qui l'avait remarqué au Conservatoire
et lui avait offert un petit rôle dans son moyen métrage
La Faute d'orthographe (1919), fait de nouveau appel à lui pour
L'Atlantide (1921). A l'avènement du parlant, Ledoux dévoile
une aisance qui lui est propre. Il fait de courtes apparitions dans des
films d'Anatole Litvak (Mayerling, 1935) et d'Alexis Granowsky (Tarass
Boulba, id.) avant de se distinguer dans La Bête humaine (1938)
de Jean Renoir, adapté du roman d'Emile Zola, où il campe
Roubaud, le chef de gare criminel trompé par sa femme. Cette performance
lui permet d'accéder à de grands rôles. Dans Volpone
(1940), Maurice Tourneur exploite son côté obscur. En 1942,
pour éviter d'avoir à jouer devant l'occupant allemand,
Ledoux quitte la Comédie Française et se consacre exclusivement
au cinéma. Cette année-là lui sourit. Dans Le Lit
à colonnes de Roland Tual, il tient le rôle d'un directeur
de prison qui prétend être l'auteur d'un opéra composé
par un détenu, puis il nous offre une de ses interprétations
les plus remarquées dans Goupi Mains-Rouges de Jacques Becker,
une chronique rurale tirée du roman de Pierre Véry. Toujours
en 1942, Marcel Carné lui confie le rôle du prince des Les
Visiteurs du soir, conduit à sa perte par la fille du Diable. Après
s'être illustré dans des interprétations de crapule,
Ledoux oriente sa carrière vers des personnages plus humains, dont
le plus représentatif reste celui de Pattes
blanches (1948) de Jean Grémillon. A partir de 1957,
ses rôles deviennent moins étoffés et ses apparitions
plus brèves. On le voit dans quelques productions américaines,
dont Le Jour le plus long (1961) de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernard
Wicki, Elmo Williams et Gerd Oswald et Le Jour d'après (1964) de
Robert Parrish. Il tourne également pour Orson Welles (Le Procès,
1962), Jacques Demy (Peau d'Ane, 1970), Claude Chabrol (Alice ou la dernière
fugue, 1976). Après Mille milliards de dollars (1981) d'Henri Verneuil,
il se retire des écrans.
Dans La Bergère et le ramoneur (1967), film d'animation réalisé
par Paul Grimault, il prête sa voix au personnage du roi.
Autres activités
Fernand Ledoux s'est produit de nombreuses fois sur les planches, essentiellement
à la Comédie Française. A la mort de Léon
Bérard en 1931, il accède à des rôles plus
importants. De 1958 à 1967, il donne des cours de dramaturgie au
Conservatoire National d'Art Dramatique.
On le voit également à la télévision, notamment
dans Les Célibataires (1962) de Jean Prat.
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