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1914-1983
Formation
Louis de Funès quitte très tôt l'école pour s'adonner
au piano et à la photographie. Mais son rêve est de devenir
acteur et, dès 1941, il suit les cours de René Simon à
Paris. L'expérience est un échec. Devenu pianiste dans un
bar, il tente de joindre les deux bouts grâce à des rôles
de figuration au cabaret, au music-hall ou au cinéma. La chance lui
sourit enfin en 1945, lorsqu'il décroche son premier rôle au
cinéma dans La Tentation de Barbizon de Jean Stelli.
Carrière au cinéma
L'acteur comique le plus populaire des années 1960 doit attendre
l'âge de cinquante ans pour être enfin pris au sérieux
par les producteurs. Auparavant, ce petit homme de 1,64 m, doté
d'une énergie hors du commun, doit supporter un immense répertoire
de petits rôles. Valet de chambre dans La Vie d'un honnête
homme (1952) de Sacha Guitry, il est promu commissaire revêche dans
Ah! les belles bacchantes (1954) de Jean Loubignac. Il joue dans plus
de cinquante films avant d'imposer à l'écran un personnage
encore unique en son genre. Irrascible, gesticulant, capable de déformer
son visage à force de tics et de facéties, il agace d'abord,
mais peu à peu il convainc et les réalisateurs misent sur
lui. En 1956, son talent se vérifie quand il vole la vedette à
Bourvil et à Jean Gabin grâce à une seule séquence
de La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara, où il incarne
Jambier, le boucher du marché noir. Deux ans plus tard, Yves Robert
lui offre son premier rôle principal dans Ni vu, ni connu. Il est
alors salué par la critique comme l'un des meilleurs comiques français
du moment. Mais c'est Jean Girault qui le propulse en haut de l'affiche
avec Pouic-Pouic (1963), suivi l'année suivante du Gendarme de
Saint-Tropez. André Hunebelle contribue largement à son
succès avec Fantômas. Cependant, malgré le talent
de Louis de Funès, la qualité de ces films est très
discutée. En 1964, Le Crime ne paie pas de Gérard Oury change
la donne. L'acteur, enfin libre de s'exprimer à sa guise, porte
le film à lui seul ou presque... car c'est en tandem avec Bourvil
qu'il fonctionne particulièrement bien. Quand il crée la
célèbre scène de la douche dans Le Corniaud, il démontre
à tous que le comique peut se passer de mots mais pas de gestes.
Mais le chef-d'oeuvre du genre reste La Grande vadrouille (1966) de Gérard
Oury, où Louis de Funès, toujours avec la complicité
de Bourvil, est devenu maitre du scénario.Il est désopilant
dans Hibernatus de Edouard Molinaro
( 1968 ) Son personnage explosif, écrasant les faibles, rampant
devant les supérieurs, devient le mythe Funès dans Les Aventures
de Rabbi Jacob (1973) du même réalisateur. Cependant le rythme
des tournages fatigue l'acteur. Un an plus tard, victime d'un infarctus,
il déclare forfait pour Le Crocodile de Gérard Oury et prend
un repos forcé. Quand il revient à l'écran, il est
las de jouer les hypocondriaques. Il réclame de la candeur. Nouvelle
confrontation d'acteurs, cette fois avec Coluche dans L'Aile ou la cuisse
(1977) de Claude Zidi. L'expérience est réussie mais ne
se répète pas. Louis de Funès, nostalgique de ses
débuts, interprète L'Avare (1980) qu'il coréalise
avec Jean Girault. Le film remporte un faible succès mais l'acteur
s'est fait plaisir. Il fait une dernière apparition dans le désormais
très classique Gendarme et les gendarmettes (1982) de Jean Girault.
Autres activités
Louis de Funès se distingue au théâtre, et le succès
de certains de ses rôles leur a valu d'être repris à
l'écran (entre autres, Oscar (1967) d'Edouard Molinaro, tiré
de la pièce de Claude Magnier).
Prix
Césars du Cinéma Français César d'honneur
- 1980
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