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1897-1975
Formation
Fils d'un professeur de lycée, Pierre Fresnay monte sur les planches
pour la première fois à l'âge de quatorze ans. Grâce
à son oncle Garry, comédien, il joue un petit rôle
dans L'aigrette, au Théâtre Réjane. En 1914, il entre
au Conservatoire et figure dans la classe de Paul Mounet et de Georges
Berr. Un an plus tard, il est engagé à la Comédie-Française.
Dès 1915, il décroche un premier grand rôle au théâtre
dans Les jeux de l'amour et du hasard. La même année, il
débute au cinéma avec France d'abord d'Henri Pouctal.
Carrière
au cinéma
Après avoir joué dans quelques films muets, Pierre Fresnay
s'impose à l'écran avec Marius (1931) d'Alexandre Korda,
d'après la pièce de Marcel Pagnol. Pour ce rôle
traditionnellement réservé aux natifs du Midi, l'acteur
profite de quelques jours de liberté pour se rendre à
Marseille et s'imprégner de l'accent du pays. Le succès
du film fait de Pierre Fresnay une vedette. Plus tard, il apparaît
dans deux autres titres de Pagnol, Fanny (1932) et César (1936).
En 1934, il joue Armand Duval au côté d'Yvonne Printemps
dans La dame aux camélias de Fernand Rivers. La même année,
Alfred Hitchcock lui confie un rôle court mais essentiel, celui
du Français qu'on assassine dans L'homme qui en savait trop.
Georg Wilhelm Pabst (Mademoiselle Docteur, 1936) et Abel Gance (Le roman
d'un jeune homme pauvre, 1935) l'emploient également. Doué
d'une grande aisance de jeu, Pierre Fresnay incarne aussi bien l'anarchiste
de Sous les yeux de l'Occident (1936) de Marc Allégret que le
journaliste primesautier de La bataille silencieuse (1937) de Pierre
Billon, ou encore le bagnard de Chéri-Bibi (id.) de Léon
Mathot. Mais son rôle légendaire reste celui de l'aristocrate
fier et nostalgique, De Boëldieu de La grande Illusion (id.) de
Jean Renoir face à Jean Gabin et Erich von Stroheim. Avec Trois
valses (1938) de Ludwig Berger, auprès d'Yvonne Printemps, Fresnay
devient plus populaire que jamais. Puis la rencontre avec Henri-Georges
Clouzot, scénariste obscur à l'époque, lui inspire
un style encore différent, non moins remarquable. Détective
ironique du Dernier des six (1941) de Georges Lacombe ou de L'assassin
habite au 21 (1942) d'Henri-Georges Clouzot, il est aussi le peintre
halluciné de La main du Diable (id.) de Maurice Tourneur ou l'âpre
docteur Germain du Corbeau (1943) d'Henri-Georges Clouzot. Après
la Seconde Guerre mondiale, Pierre Fresnay tient le rôle principal
dans Le Visiteur
avec les Petits Chanteurs à la croix de bois puis
se distingue par des compositions intactes de perfectionnisme, qui redonnent
vie à de grandes figures historiques. Il incarne tour à
tour saint Vincent de Paul :
( Monsieur Vincent, 1947, de Maurice Cloche),
l'entomologiste
Fabre (Monsieur Fabre, 1951, d'Henri Diamant-Berger), Jacques Offenbach
(la Valse de Paris, 1949, de Marcel Achard) ou un aéronaute (Au
grand balcon, id., d'Henri Decoin). En 1960, il fait ses adieux au grand
écran avec Les vieux de la vieille, une comédie de Gilles
Grangier, pour se consacrer au théâtre et à la télévision.
Autres activités
Sociétaire de la Comédie-Française qu'il quitte
en 1927, Pierre Fresnay est un célèbre comédien
et s'illustre sur les planches notamment dans Un miracle, La chienne
aux yeux de femme, Cyrano de Bergerac, Marius, Bloomfield, Cette vieille
canaille, Jean III, L'hermine, L'idée fixe, Visitation.
A la télévision, il interprète Tête d'horloge
(1969) de Jean-Paul Sassy.
En 1939, Fresnay réalise Le duel avec Yvonne Printemps.
En 1954, il publie ses Mémoires, Je suis comédien.
Prix
Mostra Internationale d'Art Cinématographique (Venise) Coupe
Volpi du meilleur acteur (Monsieur Vincent) - 1947
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