FERNANDEL

  1903-1971

Formation
Fils d'un employé de bureau, chanteur et comédien de café-concert, Fernandel s'initie très tôt au monde du music-hall. Dès l'âge de cinq ans, il apparaît en grognard d'empire dans Marceau ou les enfants de la République. Familier du répertoire de Pollin, il forme avec son frère cadet un couple de duettistes, Fernand et Marcel Sined. Tout en donnant dans le comique troupier, Fernandel exerce différents métiers (chasseur, vérificateur d'écritures, téléphoniste). En 1926, il est engagé à l'Odéon de Marseille et se distingue dans l'opérette à succès de Baine et Mauprey, Le Cavalier Lafleur. En 1928, Paris l'admire à Bobino dans la revue Vive le nu, puis au Concert Mayol. C'est alors que Marc Allégret le remarque et lui confie le rôle d'un chasseur pour son adaptation cinématographique de la pièce de Sacha Guitry, Le Blanc et le noir (1930).

Carrière au cinéma
Le sourire chevalin, le regard lumineux et la diction aussi parfaite que savoureuse : Fernandel a tout pour plaire. Après son premier film, il enchaîne des courts-métrages tirés de fantaisies militaires (On purge bébé, 1931, de Jean Renoir ; Les Gaietés de l'escadron, 1932, de Maurice Tourneur, avec Jean Gabin et Raimu). En 1934, Marcel Pagnol révèle une sensibilité méconnue dans Angèle, où Fernandel interprète Saturnin, un nigaud au grand coeur. L'acteur a l'occasion de confirmer son talent à plusieurs reprises avec Marcel Pagnol : Regain (1937), Le Schpountz (id.), La Fille du puisatier (1940). Fernandel compose un bossu émouvant pour Naïs (1945) de Raymond Leboursier, d'après l'oeuvre d'Emile Zola. Mais il doit d'abord sa popularité à des productions de style résolument cocasse, particulièrement bienvenues en ces temps de crise. Les films de Christian-Jaque en sont des exemples célèbres : Josette (1936), où il tourne avec sa propre fille ; François Ier (1937), où il s'illustre notamment dans la séquence du supplice de la chèvre ; Raphaël le Tatoué (1938) ; Ernest le rebelle (id.). Les Cinq sous de Lavarède (1939) de Maurice Cammage font triompher l'image du débrouillard. En 1938 et 1939, Fernandel reçoit cinquante-huit propositions de films ! Il reprend le rôle de Victor Boucher, malade, du célèbre Fric-frac (1939) de Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara, comédie déjà créée en 1936 par Michel Simon et Arletty.
Après-guerre, son registre se nuance. Il tâte de l'humour noir avec L'Armoire volante (1948) du jeune réalisateur Carlo Jim, puis du mélodrame avec Meurtres (1950) de Richard Pottier ou Le Fruit défendu (1952) d'Henri Verneuil. En 1943, Ne le criez pas sur les toits. Il retourne à un classique avec la troisième version de Topaze de Marcel Pagnol (1950). On le voit dans un policier (L'Homme à l'imperméable, 1956, de Julien Duvivier) puis dans un western parodique (Dynamite Jack, 1961, de Jean Bastia). Il s'épuise pour tourner Ali Baba et les quarante voleurs (1954) de Jacques Becker. En 1951, Julien Duvivier lui offre le rôle de don Camillo dans Le Petit monde de don Camillo, film qui ouvre la voie à la série mythique des Don Camillo. Fernandel se transforme alors en prêtre tiraillé entre ses dialogues avec Dieu et ses conflits avec le maire communiste de sa paroisse. La Vache et le prisonnier (1959) d'Henri Verneuil signe un autre triomphe. En 1960, un film policier bien ficelé : Le Caïd avec Marcel Bozzuffi. Puis en 1964, Relaxe-toi chérie, avec Sandra Milo, tiré de la pièce Le Complexe de Philémon de Jean Bernard-Luc. En 1970, Fernandel, souffrant d'une pleurésie, abandonne le tournage de Don Camillo et les contestataires. Il paraît une dernière fois dans un film poétique et tendre, Heureux qui comme Ulysse (1969) d'Henri Colpi.
Dans ses films, il interprète des chansons écrites pour lui par Jean Manse (" Je n'ai jamais compris l'amour ", dans Le Schpountz).
A deux reprises, Fernandel s'essaie à la réalisation

Autres activités
Au théâtre, Fernandel interprète des comédies et des opérettes, souvent reprises à l'écran (Ignace, 1936 ; Le Rosier de madame Husson, 1937 ; Tu m'as sauvé la vie, 1949 ; Freddy, 1968).
Il enregistre des disques à succès en tant que conteur (Les Lettres de mon moulin) ou chanteur (Mam'zelle Nitouche).




AUTRES ACTEURS