VITTORIO DE SICA

1901-1974

Formation
Fils de magistrat, Vittorio De Sica suit sa famille à Rome en 1912, après une enfance passée à Naples. Il poursuit des études de comptable, mais commence à s'intéresser de près au théâtre. Il parvient à se faire engager comme figurant dans la compagnie de Tatiana Pavlova en 1922.

Carrière au cinéma
A la fin des années 1920, Vittorio De Sica apparaît à l'écran dans des petits rôles. C'est au début des années 1930 qu'il devient l'un des acteurs phares de l'époque, tant au théâtre qu'au cinéma. Il s'illustre surtout dans des comédies sentimentales. Il travaille jusqu'à la guerre avec de nombreux réalisateurs, comme Amleto Palermi (La vecchia signora, 1932) ou Mario Camerini (Les hommes, quels mufles !, 1932 ; Je donnerai un million, 1935). Son exigence le pousse naturellement à passer de l'autre côté de la caméra. En 1939, il réalise son premier film, Roses écarlates, adaptation d'une petite pièce boulevardière. Son cinéma, léger et inconsistant, se distingue alors à peine du reste de la production italienne de l'époque. Après une période de maturation (Madeleine zéro de conduite, 1940 ; Teresa Venerdi, 1941), De Sica signe son premier grand film en 1944, Les enfants nous regardent, dans lequel on trouve déjà la sensibilité humaine qui fera la force de ses futurs succès. Ce film, précurseur du mouvement néo-réaliste, marque le début d'une longue collaboration avec le scénariste Cesare Zavattini. C'est après la Seconde Guerre mondiale que De Sica réalise ses plus grandes oeuvres. L'Italie connaît alors une longue période de changements, à laquelle le réalisateur et son scénariste ne restent pas insensibles : Sciuscia (1946) livre un tableau du désordre et de la confusion qui règnent dans l'Italie d'après-guerre ; Le voleur de bicyclette (1948) montre un peuple qui panse ses blessures et tente de se redresser ; Umberto D (1952) met en scène un retraité famélique luttant pour préserver sa dignité. Avec Miracle à Milan (1951), adaptation du roman Toto le bon de Cesare Zavattini, Vittorio De Sica dresse un portrait de la misère des faubourgs des grandes villes. Ces oeuvres, teintées de poésie humaniste et naïve, contiennent tous les ingrédients du néo-réalisme si cher aux deux hommes. Un tableau de la société où le sentimentalisme n'altère pas la précision du constat social. Le déclin du réalisateur s'amorce avec Stazione termini, en 1952. Il alterne alors travaux personnels et commandes, celles-ci prenant le pas sur ceux-là. Les années 1950 voient le cinéma italien s'enbourgeoiser et oublier les grandes colères des années d'après-guerre pour s'orienter vers une démarche plus mercantile. De Sica ne parvient pas à sortir du domaine de l'imagerie populaire. Ses tentatives pour donner une vision du monde plus intellectuelle se soldent par des échecs. En 1953 , on peut mentionner Les Amants de la villa Borghèse où il joue un sketch. En 1961, il tourne un sketch dans La Fayette de Jean Dréville. (1962) . Le réalisateur a du mal à préserver son indépendance devant le pouvoir des producteurs. Il réussit cependant à redevenir maître de ses moyens avec Le jardin des Finzi Contini (1969).

Autres activités
En 1927 et 1928, Vittorio De Sica obtient ses premiers succès en interprétant le théâtre de Luigi Pirandello. Grâce à sa compagnie théâtrale, il exerce ses talents de jeune premier et de chanteur de charme. Dès 1945, il mène une carrière de comédien à travers laquelle il parvient à imposer sa personnalité.

Prix
National Board of Review Meilleur réalisateur (Ladri di biciclette) - 1949


AUTRES ACTEURS