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1907-1997
Formation
Après de brillantes études à Lyon et à Valence,
Jacqueline Delubac se rend à Paris, sur les conseils de sa mère,
pour y devenir comédienne. Elle débute comme danseuse au cabaret
l'Empire dans une revue où elle imite Joséphine Baker. Parallèlement
à ses figurations dans les cabarets et théâtres parisiens,
la jeune Jacqueline tient des petits rôles au cinéma. Elle
apparaît dans quelques films de Louis Mercaton (Chérie, 1930
; Marions-nous, 1931) et dans un court-métrage de Serge de Poligny
(La femme à barbe, 1932), mais reste dans l'ombre jusqu'à
ce que Sacha Guitry la remarque. En 1931, cet homme de théâtre
renommé l'engage dans sa troupe et lui fait jouer quelques-unes de
ses pièces.
Carrière au cinéma
En 1935, Sacha Guitry offre à Jacqueline Delubac le rôle
de Marie Muscat, une jeune blanchisseuse qui gagne à la Loterie,
dans son premier film, Bonne chance. Le regard, la grâce et le côté
grande mondaine parisienne de cette ravissante brune a su séduire
l'auteur réalisateur aussi bien dans la vie qu'à l'écran,
et Sacha Guitry dirige à dix reprises son épouse. Femme
d'un croupier magouilleur dans Le roman d'un tricheur (1936), Loulou dans
Mon père avait raison (id.), Joséphine de Beauharnais dans
Les perles de la couronne (1937), Flora dans Remontons les Champs-Elysées
(1938), Jacqueline Delubac ravit à chaque fois par son jeu étonnamment
moderne et sa classe naturelle. Elle est une petite servante, étourdie
et maladroite, dans Le mot de Cambronne (1937) ; une grande bourgeoise
qui fantasme sur son valet de chambre dans Désiré (1937)
; une journaliste malicieuse et équilibrée qui doit affronter,
pour l'amour d'un homme, la grande actrice Gaby Morlay dans Quadrille
(1938). Mais, dans la diversité de ces rôles, elle reste
pour tous les spectateurs la Parisienne type. Après son divorce
avec Guitry, sa carrière s'essoufle. " J'étais tellement
guitrysée au théâtre comme au cinéma que les
metteurs en scène avaient peur que je ne me déguitryse point
", explique-t-elle. Si Jeunes filles en détresse (1939) de
Georg Wilhelm Pabst se contente de la parer des atours d'une grande vedette
et de lui faire faire la coquette, Dernière jeunesse de Jeff Musso
- premier rôle dramatique de l'actrice - lui permet de nous offrir
la même année son jeu probablement le plus brillant. Fille
perdue, elle rend fou le vieil homme qui veut la sauver. Elle joue encore
les héroïnes perfides : L'homme qui cherche la vérité
d'Alexandre Esway et Le collier de chanvre de Léon Mathot en 1940
; Fièvres (1941) de Jean Delannoy. Elle joue dans un film passé
inaperçu, J'ai dix-sept ans (1945) d'André Berthomieu, puis,
quatre ans plus tard, dans un policier et une comédie de Raymond
Leboursier, avant de s'éclipser définitivement du monde
du cinéma.
Autres activités
Sa carrière cinématographique achevée, Jacqueline
Delubac décide de se consacrer à ses collections d'objets
d'art. Collectionneuse avertie, elle rassemble des toiles de grands maîtres
(Monet, Bonnard, Picasso, Bacon, Braque, etc.) qu'elle lègue au
musée des Beaux-Arts de Lyon.
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