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1903-1978
Formation
Le jeune Claude Dauphin veut devenir acteur, mais son père l'ayant
convaincu de faire des études de décorateur de théâtre,
il travaille à ce titre pendant dix ans pour de nombreuses salles
parisiennes.
Carrière au cinéma
Claude Dauphin devient acteur en remplaçant au pied levé
un comédien tombé malade dans une pièce de Tristan
Bernard, Langrevin, père et fils, dont il réalisait les
décors. Lorsque ce titre est porté à l'écran
par Jean de Limur en 1930, Claude Dauphin entre dans le monde du cinéma,
qu'il quitte après quarante années et 80 films. Jusqu'en
1940, il est le prototype du jeune premier gouailleur et tendre dans des
pièces de boulevard ou des films plus ou moins réussis.
Il joue les séducteurs guillerets dans Entrée des artistes
(1938) de Marc Allégret ou encore Battements de coeur (1939) d'Henri
Decoin avec Danielle Darrieux. Les joues rondes, la mèche en bataille,
l'oeil en vrille, il accède au statut de vedette dans l'avant-guerre.
Pendant l'Occupation, il parcourt la France libre et exerce ses talents
au théâtre ou comme chansonnier sans pour autant négliger
le cinéma. En deux ans, il ne tourne pas moins de neuf films dont
Félicie Nanteuil (1942), Une Femme dans la
nuit (1941) et La Belle Aventure
de Marc Allégret. Il rejoint ensuite les Forces Françaises
Libres. Son premier rôle lorsqu'il revient est Cyrano de Bergerac
(1946) de Fernand Rivers. Mais, un peu trop mûr pour jouer les jeunes
premiers, concurrencé par Jean Gabin, il quitte la France et entreprend
une carrière aux Etats-Unis. Il y connaît un certain succès,
sur les planches avant tout, mais aussi à l'écran avec April
in Paris (1952) de David Butler. Il doit à Jacques Becker de retrouver
une certaine audience en France : le réalisateur lui offre en 1952
d'incarner Leca, le veule chef de bande de Casque d'or. Il s'agit là
de son personnage le plus marquant. Il se partage alors entre Hollywood
et Paris, passe de Peter Ustinov à John Frankheimer, de René
Clément à Julien Duvivier. La maturité apporte une
certaine sobriété à l'ancien séducteur mondain.
Il convainc dans Symphonie pour un massacre (1962) de Jacques Deray. Ettore
Scola lui propose un joli rôle dans La plus belle soirée
de ma vie (1972). Vieilli, amaigri, il est émouvant dans Le locataire
(1975) de Roman Polanski et pathétique dans La vie devant soi (1976)
de Moshé Mizrahi, où il incarne un médecin des pauvres
au chevet de Simone Signoret.
Autres activités
Essentiellement comédien de boulevard au début de sa carrière
théâtrale, Claude Dauphin joue les séducteurs dans
des pièces d'Henri Bernstein (Le messager, Espoir, Le coeur avec
Jean-Pierre Aumont), de Jean Bernard-Luc (L'Amour
vient en jouant, 1947 avec Danielle Darrieux ). Après la
Seconde Guerre Mondiale, il joue Huis clos et crée Happy times
aux Etats-Unis.
En 1965, il attaque une seconde carrière, celle d'un comédien
de composition, avec Mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller qu'il crée
au Théâtre d'Aubervilliers. Parmi ses pièces les plus
remarquées, on peut citer Le prix du même auteur, L'amante
anglaise de Marguerite Duras avec Madeleine Renaud et, surtout, Le marchand
de Venise où il interprète, en 1972, un fabuleux Shylock.
Pour la télévision, Claude Dauphin réalise aux Etats-Unis
une série policière en vingt-six épisodes (1954).
Il est par ailleurs un éblouissant Voltaire dans le feuilleton
français Ce diable d'homme (1977) de Marcel Camus.
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