PAULINE CARTON
1884-1974

Formation
Fille d'un ingénieur sous-directeur aux chemins de fer, Pauline baigne très tôt dans le théâtre. A Paris, où elle vit, elle prend l'habitude d'aller voir une pièce chaque semaine, et se promet d'entrer au Conservatoire. En attendant, elle joue des saynètes chez elle devant un public de privilégiés : ses proches. A la mort de son père et de son frère, elle se met à voyager avec sa mère. A Marseille, un ami de celle-ci l'introduit un jour dans une troupe, qui lui offre sa première occasion de monter sur les planches. Elle est à peine âgée de vingt ans. Dans la pièce de Pierre Wolf, le Ruisseau, elle incarne une fille de petite vertu qui lui donnera son pseudonyme. Elle participe également à des revues de music-hall et joue dans des opérettes.

Carrière au cinéma
C'est en 1907 que Pauline Carton fait ses débuts au cinéma. On la voit dans des rôles de second plan dont elle se fait très rapidement la spécialiste. Elle fait entre autres des apparitions dans Blanchette, de René Hervil (1921), Feu Mathias Pascal, de Marcel L'Herbier (1925), Education de prince, d'Henri Diamant-Berger (1927), et le Sang d'un poète, de Jean Cocteau (1930).En 1937, c’est Nuits de Princes. A l'avènement du parlant, elle continue de prêter son " physique de pou ", selon ses propres termes, à des soubrettes, des concierges, ou des mégères acariâtres. On lui découvre en outre une voix de vinaigre aux accents faubouriens qui s'accorde à merveille avec sa silhouette surmontée d'un chignon à l'ancienne mode. En 1927, elle entame une collaboration au théâtre avec Sacha Guitry. Désiré, la pièce dans laquelle elle campe une cuisinière, sera adaptée quelques années plus tard au cinéma. Guitry, dont elle devient la fidèle confidente, lui offre un rôle dans une vingtaine de films. Citons par exemple Bonne chance (première collaboration au cinéma), en 1935, le Nouveau Testament, Mon père avait raison (1936), Désiré (1937), Quadrille (1938), ou encore Assassins et Voleurs (1957). En 1942, on la voit dans La Belle aventure de Marc Allegret Elle se définit comme étant une " utilité ", c'est-à-dire un personnage effacé mais indispensable cependant à l'intrigue. Les interventions de ses personnages réjouissent le spectateur sans pour autant le distraire de l'action principale. La truculence de son caractère, tant dans la vie qu'à l'écran, lui permettra, à la fin de sa carrière, d'obtenir des rôles de plus grande importance, comme dans la Poison (1951), de Guitry. En 1955, dans Rencontre à Paris, elle interprète une salutiste. On la voit également au générique de films réalisés par Abel Gance (le Roman d'un jeune homme pauvre, en 1936, et Louise, en 1938), Max Ophüls (Sans lendemain, en 1939), Henri-Georges Clouzot (Miquette et sa mère, 1949), ou enfin dans le Jour le plus long, de Ken Annakin (1961). Sa carrière traverse toute l'histoire du cinéma des années 20 aux années 70, avec environ 250 films.

Autres activités
Outre le théâtre, dans lequel elle débute, et qu'elle n'abandonne pas jusqu'à sa mort (elle possède une bibliothèque consacrée au théâtre du XIXème siècle), Pauline Carton a publié deux ouvrages rassemblant ses souvenirs de comédienne : les Théâtres de carton, et Histoires de cinéma . A 87 ans, elle enregistre son premier disque : J'ai un faible pour les forts.


AUTRES ACTEURS