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1897-1966
Formation
La jeunesse de Julien Carette est contrariée par une série
d'échecs. Il passe de petits boulots en petits boulots (camelot,
représentant, employé des chemins de fer). Il s'inscrit aux
Beaux-Arts dans le but de devenir peintre, et se rend très vite compte
qu'il ne fera pas carrière. Un ami l'oriente alors vers le théâtre.
Il échoue au concours d'entrée au Conservatoire. Il va au
Théâtre de l'Odéon et parvient à y trouver un
emploi de figurant. Engagé ensuite au Vieux Colombier, il y fait
ses véritables premières armes.
Carrière au cinéma
Après un premier rôle dans un film dont lui-même a
oublié le titre (il campe l'assassin de l'archiduc François-Ferdinand),
Julien Carette fait quelques apparitions dans des films mineurs. L'avènement
du cinéma parlant révèle sa gouaille et son accent
parisien. En 1931, il apparaît dans L'Amour à l'américaine,
de Claude Heymann, et Attaque nocturne, de Marc Allégret. Mais
c'est l'année suivante qu'il obtient son premier grand rôle,
dans un film des frères Prévert : L'Affaire est dans le
sac. C'est le début d'une longue galerie de personnages drôles
et complètement achevés. Entre 1932 et 1937, il joue dans
une trentaine de films. Il rencontre en 1937 Jean Renoir. Le réalisateur
lui confie le rôle d'un titi parisien dans La Grande illusion (1937).
Ses mimiques et son accent confèrent aux dialogues les plus banals
un entrain, une bonne humeur, et une ironie qui lui assurent un contact
immédiat avec le public. On le revoit dans d'autres films de Renoir
: il campe un volontaire dans La Marseillaise (1938), Pécqueux,
le chauffeur du mécanicien Lantier dans La Bête humaine,
d'après Zola (1938), et un braconnier dans La Règle du jeu
(1943). En 1943, Pierre Prévert lui confie le rôle principal
de Adieu Léonard. Il y fait une composition -qualifiée de
" chaplinesque "-de pauvre bougre qu'un maître chanteur
veut transformer en assassin. A partir de 1942, il devient le comédien
fétiche de Claude Autant-Lara. Dans Lettres d'amour (1942), il
endosse le rôle d'un maître à danser trépidant
et diabolique. Dans Occupe-toi d'Amélie (1949), Autant-Lara exploite
ses capacités comiques. Dans L'Auberge rouge (1951), Carette est
un inquiétant aubergiste. On le voit aussi dans
Rencontre à Paris (1955) et
dans Le Joueur (1958) et Vive Henri IV, vive l'amour (1961). Sa longue
carrière est associée à d'autres grands réalisateurs
français : Henri Decoin (Battement de coeur, 1939), Marcel Carné
(La Marie du port, 1949), Yves Allégret (Une si jolie petite plage,
1948), Sacha Guitry (Si Paris nous était conté, 1955), Henri
Verneuil (Paris Palace-Hôtel, 1956), Georges Lampin (Crime et châtiment,
1956), André Cayatte (Le Miroir à deux faces, 1958). La
présence de l'acteur à l'écran a un tel relief qu'il
sauve souvent de la médiocrité les personnages de second
plan qu'on lui confie. En 1964, il tourne dans son dernier film : Les
Aventures de Salavin, de Pierre Granier-Deferre. Ses membres déformés
par l'arthrose l'empêchent de poursuivre sa carrière. Il
prend sa retraite.
Autres activités
Parallèlement à sa carrière cinématographique,
Carette continue de monter sur les planches. On le voit notamment dans
Monsieur Pimpin, L'Ecole des athlètes, Dauphine, Le Greluchon délicat,
Le Roi masqué, Liberté provisoire, et des opérettes
: Passionnément et La Pouponnière.
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